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Vous avez déjà payé pour Facebook, et voici le montant


La gratuité d’Internet est illusoire. En effet, vous connaissez le refrain : si c’est gratuit pour vous, c’est que quelqu’un gagne de l’argent grâce à vous. Et si vous vous demandez combien vaut votre addiction à Facebook, à Instagram et à X, sachez qu’elle se chiffre chaque année dans les quatre chiffres. Si ce n’est pas plus.

Les internautes québécois sont-ils les plus grands naïfs de la planète ? Ils se font subtiliser pour absolument rien et sans même rouspéter leurs données personnelles par des sociétés étrangères, qui font chaque année des milliards de dollars en bénéfices grâce à eux.

Combien valent les données que vous livrez tout à fait gratuitement à Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat, X et YouTube ? Si vous passez 30 minutes par jour sur une ou l’autre de ces plateformes, ces données valent au moins 1000 dollars par année. C’est ce que calculait en 2021 la firme allemande HeyData, qui aide les entreprises européennes à se conformer aux lois encadrant le respect de la vie privée.

Facebook et Instagram récoltent en moyenne un peu plus de 3 cents pour chaque minute que vous passez dans leur environnement. Sans surprise, ces entreprises mettent tout en place pour que ces minutes se transforment en minutes, puis en heures.

Et ça marche.

Du vrai vol

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Pour économiser une poignée de dollars, des milliers de Québécois se sont rués depuis le printemps dernier sur des applications chinoises de vente au rabais, comme Temu et Shein. Savent-ils seulement ce que les quelques dollars qu’ils économisent leur coûtent réellement ?

Dans un rapport assez violent à l’égard de Pinduoduo, la société chinoise qui possède Temu, le vendeur à découvert chinois Grizzly Research a calculé plus tôt ce mois-ci que Temu perdait 40 $ pour chaque transaction qu’un acheteur nord-américain effectuait sur son site. Comment une entreprise de magasinage en ligne peut-elle justifier de perdre autant sur chaque transaction ?

Grizzly Research croit que Temu récolte assez de données personnelles sur ses utilisateurs pour les revendre à profit à des tiers, des sociétés dont on ignore le nom et la nature. Certaines de ces données, même Apple et Google ne veulent pourtant pas que les applications les récupèrent. Cela comprend le contenu de votre carnet d’adresses ainsi que votre historique téléphonique et de navigation Web.

Détail amusant : Temu et Shein ne sont pas autorisés en Chine. Le gouvernement chinois n’aimerait sans doute pas la concurrence de ses entreprises dans un secteur où il excelle : pister à la trace sa population.

Pendant ce temps, une majorité d’internautes québécois rechignent à payer la consultation de leurs médias locaux : un sondage Léger la semaine dernière révélait que deux Canadiens sur trois sont d’avis que l’information est un produit qui devrait être accessible à tous facilement et gratuitement.

On sait depuis l’époque de Napster que les internautes de tous les horizons préfèrent participer à des actes illégaux — comme l’a toujours été la distribution à grande échelle et sans autorisation de contenus pourtant protégés par des droits d’auteur — plutôt que payer ce qu’ils acquièrent sur Internet.

Notez que les médias, qu’ils reposent sur un modèle par abonnement ou un modèle publicitaire pour gagner de l’argent, n’exigent pas de consulter votre carnet d’adresses pour ensuite bombarder vos contacts de pourriels et de textos suspects…

La vie privée a-t-elle un prix ?

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La clé du succès de Facebook, de Google et de TikTok est d’avoir convaincu leurs utilisateurs que leur vie privée n’avait aucune valeur. Ou en tout cas, que cette valeur n’appartient pas au public, mais aux entreprises qui savent comment la « monétiser ». Ils ont ensuite convaincu la grande majorité des gens que ce qu’ils consomment par l’entremise de ces réseaux avait encore moins de valeur que leur vie privée.

La vérité est que les données produites par quiconque navigue sur Internet ou possède un téléphone intelligent valent une petite fortune. Par exemple, 113 des 116 milliards de dollars américains de revenus que Meta a générés durant son année fiscale 2022 sont des revenus publicitaires. C’est la somme récoltée par Meta sur Facebook, Instagram et WhatsApp grâce aux données de leurs utilisateurs.

Ces données proviennent de sources qui vont bien au-delà de leur site Web ou de leur application mobile. Elles comprennent l’historique de navigation sur d’autres sites Web, les différents endroits visités avec un sans-fil dans la poche, et des données similaires récoltées sur les proches et les contacts.

L’ancien grand patron de Google Eric Schmidt l’a déjà dit : la vie privée n’existe plus. Ce qu’il voulait dire, c’est que, pour une majorité d’internautes, cette vie privée importe peu. Alors pourquoi, aujourd’hui, même les gouvernements espèrent-ils récolter des milliards de dollars en revendant à des entreprises l’accès à des données numériques compilées en santé et en éducation auprès des patients et des étudiants ?

Pendant ce temps, les patients et les étudiants qui sont à la recherche d’un service de meilleure qualité dépensent des milliers de dollars pour visiter… des établissements privés.

Vraiment, rien n’est gratuit dans la vie.

Ce texte fait partie de notre section Opinion, qui favorise une pluralité des voix et des idées. Il s’agit d’une chronique et, à ce titre, elle reflète les valeurs et la position de son auteur et pas nécessairement celles du Devoir.

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Author: Patricia Barron

Last Updated: 1703618881

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